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Défendre et renforcer notre démocratie

    Crédit photographique Dans « Revivre », mon guide d'autonomisation de près de 300 pages (qui sera gratuit sur simple demande à p...

jeudi 20 mars 2025

Défendre et renforcer notre démocratie

 

 




Dans « Revivre », mon guide d'autonomisation de près de 300 pages (qui sera gratuit sur simple demande à partir de dimanche), je traite de la libre expression sur les réseaux sociaux en rappelant qu'il est très risqué de se transformer en paratonnerre – dont le rôle, on le sait, est d'attirer la foudre.

Se lâcher de temps en temps, cela fait du bien ; mais beaucoup de gens s'imaginent naviguer encore en eaux assez calmes… Hélas ! Quand on veut arriver à bon port, personne n'a intérêt à prendre un ouragan de catégorie 6 pour un simple coup de vent, ni sa barcasse pour un cuirassé.

Autrement dit, avant de déployer vos voiles même sur x et sous pseudo, demandez-vous toujours s'il est raisonnable « d'envoyer toute la toile », comme on dit. Songez aux navires anglais, allemands ou autres qui se retrouvent en cale sèche et sombre(nt) pour trois fois rien. Avec le changement de climat en cours dans nos contrées, il risquera d'y avoir de plus en plus de naufrages.

Désolée pour ces périphrases ! J'espère être à peu près claire. Je n'ai pas coutume de pratiquer la langue de bois, mais il est parfois bon d'illustrer mes propres conseils de prudence.

Notamment aujourd'hui, puisque nous allons parler des prochaines élections.

Sur ce sujet brûlant, je vous propose une humble réflexion qui n'engage que moi. La formulation se doit d'être sinueuse : on aborde là des récifs particulièrement naufrageurs, et nous devons prendre soin de nos cargaisons.

Je présente aussi mes excuses aux chefs de parti qui pourraient ne pas apprécier la conclusion. Loin de moi l'idée de leur nuire ! Je ne fais que suivre le fil de la logique et, en ces temps inhabituels, elle ne suit pas les chemins balisés. S'ils sont ce qu'ils disent, ils pardonneront mon inconvenance.

Jetons-nous à l'eau.

 

Est-ce que nous allons encore, entend-on dire, participer à une loterie dont le numéro sortant semble prédéterminé ?
Bien des électeurs ne savent plus trop si, dans de telles conditions, cela vaudra la peine d'exercer ce devoir civique essentiel. Tirons-en les conséquences, en citoyens exemplaires.


Le constat : 

– Une majorité façon mosaïque, vraisemblablement soudée par divers impératifs.

– Une opposition émiettée, sans candidat rassembleur et/ou qui ait une chance notable.

En d'autres termes, les protestataires, potentiellement majoritaires, se dilueraient en pure perte en restant chacun dans sa bouée. Ce qu'ils feront probablement, qu'ils le veuillent ou non.

Voter ne sert à rien, concluent certains ; hormis à favoriser un hypothétique remboursement des frais de campagne. Jouer ce jeu serait compréhensible, mais pérenniserait l'erreur système…

 

Alors, que faire ? se demandent-ils. Si voter par préférence est vain, quelles seraient les autres options ?

– L'abstention est un chèque en blanc.

– Les bulletins nuls ne sont plus comptabilisés depuis 2017. Il est vain d'aller aux urnes juste pour marquer sa mauvaise humeur.

– Que reste-t-il pour rendre un choix visible à la face du monde ? Le vote blanc. Qui, lui, est tout le contraire d'un chèque.

Perdu pour perdu, faire émerger quelque chose qui incarnerait plus ou moins le plus grand parti de France, fût-il informel et sans candidat, résoudrait peut-être le dilemme des électeurs en question.

Un parti fantôme du « Non. C'en est trop. Stop, on ne joue plus. »

Quelles conséquences ?

On peut se plaire à visualiser un raz-de-marée immaculé. Plus poétique : une Marianne qui se dresserait « vêtue de probité candide et de lin blanc », selon le joli vers de Victor Hugo.

À leur tour, les votes de complaisance, les voix reportées « pour faire barrage », voire les erreurs de comptage, pourraient se retrouver quasi invisibilisés. Par contraste, si j'ose dire.

Et évidemment, personne ne pourrait prétendre que le peuple a choisi tel ou tel. Mince alors. De quoi trembler pour nos institutions…

Car le raz-de-marée risquerait de déclencher un scandale mondial.

Cette contre-tempête aurait-elle le pouvoir d'exercer une influence décisive sur notre périlleux voyage ?

La question reste posée.

(Bien sûr, il importerait aussi que chacun fasse jusqu'au bout, scrupuleusement, son devoir de citoyen : participer aux opérations de contrôle du scrutin. Il en va de l'honneur de notre démocratie.)

 

P.S.

Dans toute cette histoire, vous l'imaginez bien, je reste neutre. Je suis résolument apolitique ; une simple jardinière qui ne fait que réfléchir et s'intéresser aux événements. Bon, je retourne à mes semis.

Bonne journée à tous !