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mardi 4 mars 2025

Republication : "Hold-Up", article de décembre 2020

 

Cet article-ci fut écrit peu après la sortie du documentaire Hold-Up. Comme toute personne informée et rodée à l'analyse, je faisais partie des gens qui avaient tablé dès le début sur une fuite de laboratoire. Par conséquent, mon évaluation des mesures préconisées, quoique critique, restait prudente. Aujourd'hui, elle paraît beaucoup trop nuancée… C'est qu'entretemps, la vérité s'est mise à émerger du puits.

 

Crédit photographique

 

Que peut-on penser du documentaire « Hold-Up » ? Détonant ou déconnant ? À brandir ou à brûler ? Pour moi, vous vous en doutez, rien n'est tranché de prime abord : je hais les jugements lapidaires. Et si on s'offrait un petit tour de la question ?

J'entends certains soupirer « Oh non ! Marre de parler de la covid ! ». Si vous saviez comme je vous comprends… Je n'ai pas la télé et je refuse de me laisser atteindre par cette épidémie de stress collectif : la maladie tue, mais le stress également. Alors je prends des précautions raisonnables, ni plus ni moins, et je me tiens à l'écart du tapage.

Cela ne m'empêche pas de continuer à rechercher sereinement, de façon méthodique, analytique et croisée comme on m'a appris à le faire il y a bien longtemps, les infos qui permettent de comprendre ce qu'il se passe. Comprendre, cela aide aussi à tenir le stress à distance.

Je me suis tapé une indigestion d'études statistiques et médicales, mais je pense que ça valait le coup pour dépasser le stade des réflexes limbiques. Parce que la psychose actuelle, on peut l'attribuer au fait que les médias mainstream et les autorités jouent essentiellement sur nos émotions. C'est d'ailleurs l'un des gros problèmes éthiques du traitement de cette crise.

Aujourd'hui, je vous propose, si cela vous intéresse, quelques éléments illustrés par des liens piochés un peu partout (sur le seul critère de la clarté de l'information, quelle que soit l'orientation des sites, médias ou personnes concernées). Beaucoup concernent les thèses dites rassuristes, maltraitées par les grands médias. D'autres donnent la parole à leurs contradicteurs ; analysez-les avec la même rigueur, le même recul que les avis décriés.

La crise sanitaire de la covid-19 entraîne d'étranges dérives, c'est un fait. Doivent-elles être considérées comme inévitables, transitoires et somme toute, banales ? Ou comme inquiétantes, voire scandaleuses et passibles de poursuites ? On aimerait y voir clair. On peut, tout au moins, distinguer certaines constantes ou récurrences, certaines lignes sous-jacentes, certaines explications ou hypothèses vraisemblables.

Je vous avais promis de lister les différentes raisons envisageables de ce grand foutoir qui paraît s'ajouter à la pandémie pour pourrir encore davantage la vie des populations. Les réactions (disproportionnées, me semble-t-il, dans un sens comme dans l'autre) que suscite la sortie de Hold-Up m'ont incitée à inclure cet exercice dans un billet plus complet, avec liens vers des sources très variées.

Du scandale de l'hydroxychloroquine à la tentative de nous imposer des vaccins qui n'inspirent guère confiance, en passant par la litanie des mesures autoritaires probablement inappropriées et leurs conséquences, il y aurait beaucoup à dire. Sans parler de la chasse aux sorcières « rassuristes » – en France, les Professeurs Toussaint, Toubiana, Perronne, Montagnié ou le Dr Fouché, pour ne citer qu'eux : tous ont subi des sanctions et/ou une violente campagne de dénigrement, pour la seule raison qu'ils remettaient en question certains choix ou interprétations. On peut dire ce qu'on veut, ce bashing est tout bonnement inacceptable en démocratie, pandémie ou pas.

J'avais l'intention d'être assez concise, sans rien oublier pour autant. Résultat : c'est très long et même pas exhaustif. Soyez indulgents !

Au commencement : l'affaire de l'hydroxychloroquine (HCQ)

N'en déplaise à un ami indé que j'apprécie beaucoup, on ne peut pas réduire l'incident à un truc binaire genre « de la vraie science comme il se doit, versus les choix zarbi d'un chercheur égotique et farfelu ». Rien n'est jamais aussi simple.

Voici donc quelques éléments de réflexion.

Mon expérience perso de la chloroquine.

1) Comme des millions de personnes vivant dans des zones de palu, j'ai pris de la Nivaquine 1 au long cours, sans autres effets secondaires que quelques nausées.

2) Je fais partie des personnes à santé fragile : je cumule une demi-douzaine de pathologies chroniques et j'ai des valves cardiaques fuyardes depuis un RAA 2 (antérieur au traitement par chloroquine, je le précise pour ceux qui imagineraient un lien). Néanmoins, pas de torsade de pointe, nada, rien à signaler.

À ce propos, je vous invite à découvrir la liste des médicaments signalés par Prescrire comme à risque de générer des torsades de pointe. La liste est très, très, très longue (3 pages !). S'il fallait tous les interdire, on serait mal barrés.

3) Quand j'ai chopé la bestiole en mars dernier, j'aurais préféré disposer de cette molécule familière plutôt que d'endurer une semaine de toux incoercible + dix jours de dyspnée 3, pour finir aux urgences avec un BAL 4 et une alcalose respiratoire.

4) Pour RIEN AU MONDE je n'aurais voulu qu'on m'inflige le Remdevisir, qui ne m'aurait pas guérie, c'est prouvé aujourd'hui, et aurait sans doute flingué le seul rein qui me reste.

Je ne sais pas si l'HCQ est efficace contre la covid. Mais je sais que rien d'autre n'était disponible à ce moment-là. Alors, risque pour risque, le vieux traitement bien maîtrisé n'était-il pas préférable à rien du tout ? 

Maintenant, l'ensemble des faits.

1) Quoi que l'on pense de la personnalité de Didier Raoult, son haut niveau de compétence et d'expérience est un fait bien établi. Il ne m'inspire pas de sympathie particulière, mais depuis le début, je l'écoute, je l'observe, je recoupe ce qu'il dit, ce que disent ses contradicteurs, ainsi que toutes les données disponibles ; voilà tout.

Je dois quand même signaler que la lecture de critiques elles-mêmes critiquables, dont un énorme  Kompromat 5 (visiblement conçu à très grands frais et qui l'assassinait sur tous les plans, y compris privé et même intime), m'a suggéré que d'énormes intérêts voulaient sa peau. Ce qui donnait à réfléchir.

Peut-être que Raoult s'est fourvoyé, peut-être pas ; mais le déchaînement de haine méprisante et de calomnies à son encontre est indigne d'une société civilisée ; et les motivations de cette croisade, plus que suspectes.

2) On peut toujours ergoter sur les failles des études de l'IHU. Personnellement, je retiens que Raoult a fait ce que fait un médecin en situation d'urgence : il a tenté de soigner avec ce qui lui paraissait judicieux. Les chiffres ne lui donnent pas tellement tort, à première vue. L'Histoire jugera.

À ce propos, penser que Raoult avait tort parce que d'innombrables sources ont martelé et continuent à marteler que c'était le cas, ce serait négliger un aspect fondamental du problème de la dissidence, même dans nos chères démocraties : si une coalition de pouvoirs décide que sa vérité est LA vérité, alors la vérité véritable, si j'ose dire, risque fort de ne jamais ressortir du puits. Il y a eu plein de précédents, dont certains ont été oubliés par l'Histoire et d'autres gisent encore au fond d'archives classifiées.

3) On peut aussi ergoter sur la pertinence des résultats (« vu que Raoult a traité en stade précoce, les gens auraient peut-être guéri de toute façon, va savoir ! »). Oui, j'entends bien. Mais bon, en pleine flambée épidémique, utiliser ce qu'on a sous la main en espérant que ça augmentera le taux de guérison (ou accélèrera la sortie du patient), c'est ni plus ni moins qu'appliquer le principe de précaution.

4) Trop facile d'invoquer ledit principe uniquement pour dire « oui, mais l'HCQ, on n'est pas vraiment sûr… ». A fortiori en situation d'urgence, quand le dilemme, c'est soigner ou laisser mourir.

Dans ces cas-là, il faut faire un peu confiance aux hommes d'expérience, et ce n'est peut-être pas le moment d'exiger des tests randomisés en double aveugle qui, eux, NE PEUVENT PAS répondre à l'urgence, vu qu'ils sont très longs à mettre en œuvre. Ils posent d'ailleurs des problèmes d'éthique dans un tel contexte, même quand aucun des produits testés n'est potentiellement toxique. « Voyons voir, j'ai 50 covidés. À qui qu'on va donner le placebo à la place du truc qui pourrait guérir, huh ? Plouf-plouf. Am stram gram… Ah mais non, voyons, ça se fait en double insu ! J'ai pas à décider quel cobaye sera perfusé à l'eau claire et crèvera non soigné, dans l'intérêt de la science. Ouf, je peux randomiser tranquille. » Approximation scandaleuse ? Ma foi, c'est dans l'air du temps !

Tiens, au fait, pourquoi l'étude Discovery, présentée comme l'alpha et l'omega de la bonne méthodologie, a-t-elle tourné en eau de boudin ?

(Et, tant qu'on y est : pourquoi les études « sérieuses », dont Discovery, avaient-elles choisi – contrairement à ce que préconise le protocole Raoult – d'administrer l'HCQ en stade tardif, quand ça ne fonctionne plus et pourrait même aggraver l'état du patient ? Ou à des doses réellement dangereuses ?)

5) Exit Discovery, disions-nous. Parce qu'elle ne démontrait pas ce qu'on espérait démontrer, affirment certains : à savoir, l'efficacité de certaines molécules très lucratives et l'inefficacité de l'HCQ.

6) Depuis lors, de nombreuses études à travers monde et une méta-analyse de toutes les études parues sur l'HCQ (que leur conclusion soit positive ou négative), auraient validé son efficacité globale, avec ou sans azithromycine et/ou zinc.

On a d'ailleurs pu lire çà ou là que plein de médecins (y compris ceux qui criaient haro sur l'HCQ) l'auraient employée sans barguigner sur eux-mêmes et sur leurs proches. Des médecins et des patients ont témoigné.

J'ai lu récemment que l'efficacité de l'HCQ viendrait, entre autres modes d'action, du fait qu'elle augmente la pénétration cellulaire du zinc, essentiel au système immunitaire. Je n'ai pas archivé l'étude, mais l'inépuisable Jean-Dominique Michel [lien supprimé, NdA] avait déjà abordé la question.

Cependant, ni les autorités ni les médias ne communiquent sur ces sujets, et l'HCQ continue à être ostracisée.

7) Est-elle toxique ? Pas tant que cela, dirait-on. Le fait que les médias aient eu besoin de monter en épingle (et de comptabiliser comme victime de l'HCQ, haha) la mort d'un Américain qui avait avalé son nettoyant pour aquarium prouve assez, il me semble, la rareté desdites victimes. On aurait donc interdit un traitement potentiel pour éviter ce genre d'accident improbable ? Hum.

8) Que l'on veuille dissuader les gens de s'automédiquer sous le coup de la panique, normal. Que l'on empêche les médecins de ville (nos généralistes) de soigner en leur âme et conscience, en s'appuyant sur leur expérience et leur connaissance de chaque patient, cela paraît très difficile à justifier objectivement.

9) Surtout quand le principal argument des autorités pour justifier une communication anxiogène et toutes sortes de mesures liberticides extrêmement précipitées, c'est que l'hôpital risquait d'être submergé (un risque devenu chronique depuis longtemps, entre nous, et à qui la faute ?). Rappelons que la première ligne de défense en cas de pandémie, c'est la médecine de ville. Et là, on les a purement et simplement shuntés. Cherchez l'erreur…

10) Les études qui proclamaient l'inefficacité de l'HCQ ont fait l'objet d'une médiatisation que l'on peut qualifier d'hystérique. Et très prématurée, vu que la prétendue méta-analyse publiée dans le Lancet, et qui était un fake de chez fake, a été retirée piteusement à la vitesse grand V. Dans au moins une partie des autres études à conclusion négative, ont paraît-il été relevés des biais méthodologiques au moins aussi critiquables, sinon bien davantage, que ceux reprochés au trublion marseillais.

Une corruption qualifiée de systémique sévit au sein de la recherche médicale, y compris universitaire. Les prestigieuses revues médicales qui en font les frais le déplorent elles-mêmes… Mais les scientifiques qui le dénoncent sont des complotistes. On connaît la chanson.

11) Interdire carrément l'HCQ en médecine de ville, dans la précipitation et en se basant sur des études bidon, sur la foi desquelles on en a privé aussi les patients hospitalisés, alors qu'on n'avait rien d'autre à leur proposer (de sûr et efficace, j'entends), on peut penser que ça fait désordre.

(D'accord, l'HCQ est préconisée en début d'infection, donc supposée sans intérêt sur les hospitalisés. N'empêche que des hôpitaux partout dans le monde ont essayé quand même, certains avec succès.)

12) Ça fait désordre, disions-nous. Surtout quand, en même temps, on autorise en urgence et par décret le Remdevisir, un antiviral dont l'efficacité n'était pas encore démontrée. Et dont l'inefficacité sur la covid-19 a fini par éclater au grand jour, de même que ses graves effets secondaires.

13) Surtout quand en même temps (bis), on autorise en urgence et par décret l'administration du Rivotril aux covidés présumés en fin de vie, ce qui équivaut à les pousser vers la sortie (désolée, j'essaie de faire court).

14) Quiconque s'intéresse à tout cela n'a pas manqué de s'interroger sur les conflits d'intérêt entre les experts anti-HCQ, ou leurs contacts au sein du gouvernement, et Big Pharma. Facile, ce sont des infos à déclaration obligatoire. Résultat : ben… c'est sûr qu'ils n'ont pas trop envie de contrarier les labos, ces bons apôtres. Certains décideurs ou adversaires de l'HCQ seraient même directement ou indirectement intéressés, au sens financier du terme, dans l'utilisation des molécules X ou Y desdits laboratoires : pactole en vue…

15) Parce que oui, là, ça ne rigole plus ! On parle de très gros sous (mille milliards de dollars), de labos dont la cotation en Bourse s'envole sur la foi d'annonces d'efficacité tonitruantes. Lesquelles peuvent sembler hâtives et sujettes à caution (voir cet excellent article à propos de celui de Moderna)  ; mais qui n'a pas envie d'y croire ? Enfin à part ceux qui, comme moi, ne se laisseront vacciner avec ce truc pour rien au monde…

Bref, chuis pas du tout convaincue que l'interdiction de l'HCQ était une mesure de prudence judicieuse, bienveillante et désintéressée. Et vous ?


Concernant les autres mesures, ce n'est pas plus clair.

– Le confinement : certaines études démontreraient son effet zéro sur l'épidémie. C'est confirmé, dit jdm, par le taux de virus rejeté via les stations d'épuration. Enfin, il suffit de consulter les statistiques officielles pour voir qu'entre autres, la Suède, qui n'a pas confiné, s'en tire indiciblement mieux que nous. Pour une fois, je vais être cassante : les journalistes qui soutiennent le contraire sont des ignares ou des vendus.

On m'a opposé sur ce point des ratiocinations à n'en plus finir. Je suis d'accord, on peut faire dire ce qu'on veut à des chiffres. C'est justement le danger de l'evidence based medicine, qui part peut-être d'un excellent principe, mais ouvre un boulevard à la magouille : études, contre-études, réfutations, chiffres contre chiffres, grande variabilité des conditions de test, etc… En dehors des cas flagrants, qu'est-ce qui fait la preuve ? Le nombre d'études, l'autorité de celui qui brandit telle ou telle, la publicité faite à ceci plutôt qu'à cela ? Voilà le problème. C'est pourquoi il faut rester dans une démarche simple et de bon sens. Sinon, c'est la foi des uns contre la foi des autres : ça ne vous rappelle rien ?

Là, on a deux bilans officiels sur le site du l'OMS. On évacue toute polémique et on raisonne sans s'égarer. La Suède a 6 fois moins d'habitants que la France. En multipliant son taux de décès par 6, cela donne environ 42 000 décès. Contre 53 000 en France (en gros, ça fait + 25 %). Je pose la question : si le confinement était la panacée, est-ce qu'il n'y aurait pas BEAUCOUP plus de morts en Suède, au lieu de nettement moins ? Basique, mais éclairant, comme on dit.


Source : OMS. Attention, les échelles des deux graphiques sont très différentes

(Ah oui, au fait : arrêtez de vous référer à des sites comme worldometers. Les chiffres officiels sont sur le site dédié de l'OMS. Et ô surprise, c'est bien moins dramatique qu'on ne le pensait…)

De toute façon, confiner à l'étroit des familles entières, tout en laissant certains membres prendre le métro pour aller bosser (tout le monde n'a pas télétravaillé ou chômé), cela ne paraît ni sensé, ni axé sur l'intérêt général. De même qu'incarcérer des seniors dans leurs EPHAD jusqu'à ce que mort s'ensuive, comme en ont témoigné des soignants traumatisés.

On se demande si protéger vraiment les personnes vulnérables, et laisser les autres vivre normalement, comme le préconisaient les « rassuristes » honnis, n'aurait pas été plus efficace tout en entraînant moins de dégâts dans tous les domaines.

– Les masques : une méta-analyse danoise aurait conclu qu'ils ne servent pas à grand-chose ; elle aurait d'ailleurs peiné à se faire publier, bizarre…

Le port continu du masque pourrait causer des problèmes de santé, et des médecins s'insurgent contre l'obligation de les porter en plein air. Leur hypothèse d'une relative inefficacité des masques non FFP2 est confirmée en filigrane par l'épais rapport de la HAS que je me suis farci au printemps dernier. Et les études sur le champ d'efficacité des FFP2 au bloc opératoire n'est pas plus convaincant, bien au contraire : il semblerait surtout utile pour empêcher le chirurgien et son équipe de postillonner dans le patient. Je plaisante à peine.

Tout cela n'empêchera pas les anxieux d'en porter par précaution, en particulier dans les espaces à risque. Mais en plein air, comment dire ?… Bref. 

Pour les jeunes enfants, cette mesure très discutable a été comparée à de la maltraitanceL'OMS la déconseille, hors contexte très particulier.

La distanciation sociale : oui, dans les limites du bon sens, évidemment.

En revanche, laisser crever des vieillards dans leurs EPHAD, que dis-je, dans leurs chambrettes (même pas un petit tour dans la cour ou le jardin, le personnel était débordé. Des soignantes bouleversées témoignent qu'elles devaient littéralement séquestrer les pensionnaires, portes et fenêtres verrouillées) ;

en interdisant les visites de leurs proches, et sans leur donner le choix, bien entendu (on imagine que beaucoup auraient préféré mourir entourés de leurs enfants que croupir dans l'isolement) ;

et alors même que pendant le plus gros de la crise, les soignants allaient et venaient entre la structure et le monde extérieur (comment auraient-ils pu faire autrement ? Certains ont fini par dormir sur place. On devrait doubler leur salaire.)

Tout cela est insoutenable.

Faire du cas par cas eût été mission impossible, on le comprend bien ; mais dans des circonstances aussi tragiques, ce devrait être l'honneur d'un gouvernement que de s'attacher, quoi qu'il en coûte, à ce que le traitement réservé à chaque personne en souffrance livrée aux soins de la communauté puisse rester humain, respectueux et préserver sa dignité ainsi que ses sentiments. On ne peut pas se contenter, tout en haut, de s'en remettre au dévouement du personnel soignant.

Un raccourci défoulatoire ? Arrêtez de nous nourrir de phrases creuses, bande de fourbes, on sait que vous n'en pensez pas un mot. Des actes !

Maintenant, la question qui se pose, c'est :

Est-ce que cette énorme pagaille où l'on entendait tout et son contraire, cette explosion de mesures discutables, voire aberrantes et contre-productives, cette manipulation éhontée des chiffres, des faits et ces méthodes de communication anxiogènes, ces sacrifices disproportionnés imposés à la population, étaient accidentels ? Ou trahissaient-ils une démarche délibérée et des intentions subreptices ? En d'autres termes :

Pourquoi ont-ils fait ça, nom d'un chien ?

 

Petite fiction pour se détendre avant la suite.

Imaginons un décideur, pragmatique comme ils le sont tous. Est-ce qu'il est forcé de perdre le sommeil parce qu'il sait avoir merdé en gérant cette crise sanitaire ? Peut-être que non.

Peut-être que, dans un coin de sa tête, un petit diablotin lui murmure pour le consoler :

« Regarde plutôt.

– Tu as laissé tes amis, alliés et partenaires servir à gogo leurs intérêts, ce qui sert les tiens ;

– soutenu à fond l'industrie pharmaceutique, l'un des rares secteurs encore pleins d'avenir ;

– vérifié que les médias sont bien aux ordres dans l'ensemble ;

– rendu à peu près inaudible toute espèce d'opposition ou de contestation, vu que la population ne pense plus qu'à sa survie ;

– détourné son attention d'à peu près tous les sujets sur lesquels on te cherchait noise ;

– tordu le cou à la liberté d'expression, cette emmerdeuse : il suffit maintenant de discréditer qui on veut en l'étiquetant « complotiste » ;

– on n'entend plus parler des Gilets jaunes ;

il va y avoir beaucoup moins de retraites à payer,

– et aussi beaucoup moins de vieux cons qui votaient pour d'autres que toi, emblème du jeunisme en marche ;

tu as banalisé des mesures sécuritaires qui vont aider à contenir le terrorisme, les « incivilités » et les manifestations si nécessaire ;

les Français se sont habitués à l'état d'urgence, et te voilà assuré qu'on peut assez facilement les consigner à domicile ;

après leur Libération, tu es en droit d'espérer une envolée de la consommation, comme après une guerre (et si ça ne suffit pas à relancer l'économie, ça remplira les poches de gens qui t'en sauront gré)  ;

la vaccination sans filet, la dématérialisation monétaire et autres mesures un peu chaudes vont avoir des chances de passer crème ;

et avec un peu de veine, beaucoup d'électeurs resteront sur l'impression que tu as pris énergiquement des décisions difficiles.

Que demander de plus ? Ça, c'est de la gestion de crise ! »

Je sais, je suis un mauvais esprit. Mais peut-être pas assez…

Quelles conséquences, en fin de compte ?

Redevenons sérieux. Les décisions prises par les autorités ont eu, ont et auront de nombreuses conséquences, plus ou moins graves. En vrac et non exhaustivement, on pense à :

– L'effroyable crise économique en train de nous foncer dessus comme un raz-de-marée. On devrait commencer à en mesurer l'ampleur à partir du printemps prochain, et l'on peut s'attendre à des conséquences dévastatrices à plus moyen terme – sur l'emploi, le taux de pauvreté, les prestations sociales, la fiscalité, la délinquance, les tensions sociales et intercommunautaires, le taux de suicides, la santé physique et psychique, etc. Et même si ce n'est pas facile, on évaluera tôt ou tard le nombre de victimes du confinement. Accrochez-vous.

La catastrophe sanitaire des quelque 200 000 malades ou traitements qui ont été mis en stand-by pendant les confinements, surtout le premier : chimiothérapies, dépistages et interventions en tous genre ont dû être reportés, tandis que les personnes présentant des symptômes de problème cardiaque, par exemple, n'osaient pas ou ne pouvaient pas aller aux Urgences.

À comparer à la mortalité de la covid-19 (52 325 décès au 29/11/2020) si l'on veut prendre position en pleine connaissance de cause. Et ce n'est pas pour remuer davantage le fer dans la plaie, mais il convient de rappeler que le mode de calcul de la mortalité covid fait l'objet de contestations : de nombreuses personnes seraient décédées avec la covid – test positif – et non de la covid (sans même parler du fameux « effet de moisson »).

Les conséquences psychiques et psychiatriques, encore incalculables, du stress et du confinement. Les tentatives de suicide auraient doublé chez les jeunes. On a signalé une flambée d'épisodes psychotiques. Etc.

L'explosion des violences conjugales et de la maltraitance infantile avec toutes ses conséquences sur les plans physique, psychiatrique et comportemental.

La relative perte de confiance d'une partie des citoyens envers le monde médical, qui s'ajoute à leur perte de confiance envers la classe politique, parachevée par cette crise.

Et comment ne pas évoquer le problème d'un vaccin dont ni l'inocuité, ni l'efficacité ne sont certains, au point que les labos ont négocié un allègement de leur responsabilité ? Voir par exemple cet article, représentatif de l'information en temps de covid : il titre en gros que c'est faux… avant de confirmer la négociation vers la fin de son papier. Pas étonnant que les Français ne sachent plus à quel saint se vouer.

Un vaccin qui ne nous sera pas imposé, affirme-t-on (certains voudraient bien, notez-le), mais qui risque quand même d'être indispensable pour conserver toutes sortes de droits, ne serait-ce que celui de voyager – avec en prime la perspective du passeport sanitaire.

 

Et Hold Up, alors ? Complotiste ou pas ?

 

À vous de juger, mais moi, je ne vois pas où est le problème.

Oui, ce documentaire mélange tout.

Il soulève de vraies questions (on ne peut nier qu'il y a eu plein de ratages et pas mal de décisions que l'on peut trouver suspectes, ne serait-ce que l'instrumentalisation des nombres de cas) ; il interviewe pas mal de gens sensés et a rassemblé pas mal d'infos véridiques.

En même temps, il suggère l'existence d'une Grande Machination Secrète. C'est la définition officielle du complotisme – encore que celui de Barnérias me paraisse plutôt raisonné. S'il fallait absolument établir un parallèle, Hold-Up s'apparenterait au J'accuse de Zola, toutes proportions gardées.

Donc, admettons que Hold-Up soit plus ou moins complotiste, dans ce sens sincère et non malintentionné (d'après le peu d'éléments dont je dispose).

Et alors ?

À moins d'être convaincu que le bon peuple est bien trop con pour qu'on le laisse se faire son idée par lui-même, on peut difficilement qualifier de « dangereuse » une œuvre quelle qu'elle soit (à moins bien sûr qu'elle n'incite au meurtre), et suggérer qu'on l'interdise.

Ou alors, c'est un retour à la censure, la mort programmée d'une liberté d'expression déjà fortement mise à mal par l'injonction de bien-pensance.

Ce serait ouvrir la porte à tous les abus, tous les excès, et compromettre gravement les plus précieux acquis de la démocratie.

Ce serait promouvoir plus que jamais la pensée unique, alors qu'elle ne formate déjà que trop l'espace médiatique, politique, universitaire, et jusqu'aux raisonnements de maints citoyens.

Ce serait prescrire de dicter aux gens ce qu'ils doivent penser en toute circonstance, leur ordonner de s'en remettre aux avis autorisés. Bienvenue dans Le meilleur des mondes !

Voir des complots partout n'est pas un crime, c'est un droit comme un autre et cela ne fait de mal à personne.

Au mieux, cela déformate, développe le goût de l'analyse et d'une saine remise en question. D'aucuns vous diraient que voir des complots ici ou là, c'est le propre des personnes lucides, bien informées et dotées de sens critique. (Ciel, je suis complotiste !…)

Remettre en question le système n'est jamais un vice, mais un réflexe salutaire.

Au pire, cela peut pousser certaines personnes à la résistance civique, à pétitionner, manifester ; peut-être même à certaines formes de violence, allez savoir. Mais cette éventualité n'est pas une raison suffisante pour mettre le complotisme hors-la-loi ! Est-ce qu'on trouverait normal de qualifier l'islam de « dangereux » et d'appeler à l'interdire, sous prétexte que des extrémistes peuvent passer à l'acte ? Essayez donc, pour voir ! On va vite vous tomber dessus pour vous signifier que vous vous égarez, et pas qu'un peu.

Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? Pourquoi cette fureur contre les moindres contradicteurs ? Y compris quand ce sont, comme beaucoup d'intervenants dans ce documentaire, des personnes indubitablement compétentes qui essaient de faire œuvre utile en opposant à la pagaille ambiante des analyses critiques, certes (c'est l'incontournable définition d'un apport constructif au débat…), mais calmes et argumentées.

Il y a une explication assez banale : en période d'épidémie, c'est comme dans Les animaux malades de la peste, il faut un bouc émissaire. Haro sur le baudet !… Là, c'est « haro sur les complotistes », et même « haro sur les rassuristes ». Comme si rassurer n'était pas un acte positif et bienveillant. Comme si essayer de raison garder ; de dédramatiser 1 ; de remettre en question avec lucidité certains aspects de la gestion de la crise ou de sa couverture médiatique ;  de dénoncer certaines dérives, était se comporter en mauvaise personne, en mauvais citoyen.

Il y a une autre explication, plus navrante. Une grande partie des « élites » (politiques, technocratiques, médiatiques, intellectuelles) détestent tout simplement que l'on remette en question ce qu'ils croient, déclarent et/ou préconisent.

Pourquoi se gêneraient-ils ? Presque personne ne moufte.

Au sein des élites, d'abord : jusqu'à la fracture inédite issue de la crise sanitaire, il y régnait un certain consensus idéologique.

Quant au peuple, comme on dit, il a malheureusement des soucis plus immédiats, même quand son bon sens le pousserait à regimber. Humblement, il se laisse persuader que tout cela le dépasse, qu'il n'est pas habilité à décider de ce qui est vrai, bon, adéquat, ou au contraire, faux et néfaste.

Alors, du haut de leur supériorité autoproclamée, nos vertueux censeurs se bombardent redresseurs de torts et appliquent des sanctions aux mal-pensants. Ils prétendent définir et contrôler, point par point (quitte à se contredire, comme dans l'exemple donné plus haut) ce qui doit ou peut être exprimé en place publique.

Mais, attention ! À l'ère du numérique et de l'interconnexion, rien n'est plus vraiment privé. « Tremblez, pauvres fous ! » comme disait Gandalf. Oui, tremblons de n'avoir un jour – pas très lointain, j'en ai peur – même plus la liberté de penser à notre guise.

 

Pour celles et ceux qui, avant de faire leur « coming out complotiste », veulent s'informer davantage auprès de sources argumentées, sourcées  et transparentes, 2 liens :

Le blog Anthropo-logiques de l'anthropologue suisse Jean-Dominique Michel, lui-même riche en liens.

Le site Réinfocovid, qui donne la parole à des intervenants très variés.

Dans les deux cas, et quelles que soient les convictions sous-jacentes, le ton est posé, respectueux, humaniste. Ça fait du bien.

Bon courage à tous, prenez soin de vous et de vos proches !

 

1 Rhumatisme articulaire aigu.

2 Essoufflement, autrement dit, insuffisance respiratoire.

3 Balancement thoraco-abdominal : c'est quand des muscles accessoires prennent le relais du diaphragme, qui n'en peut plus.

4 Dossier à charge, conçu pour discréditer complètement la personne visée.

5 "Le bien public" exige souvent des solutions médianes, ou des choix justifiés par une nécessité supérieure ; au niveau de l'individu, le résultat risque d'être insatisfaisant, voire préjudiciable. Mais c'est aussi une porte ouverte à tous les abus de la part d'une classe dirigeante.